Il est intéressant d'observer par exemple dans la langue française que le mot « présent » qui défini ce qui est vécu dans l'instant, porte comme synonyme celui d'un présent, un cadeau que l'on offre à un être estimé. La langue s'organise bien souvent autour du vécu de la vie, du réel, nous constatons que cette synonymie prends tout son sens lorsque ce présent est vécu pleinement.
Si nous sommes un peu objectif avec nous-même nous constatons rapidement que nous sommes très peu dans le présent. Notre esprit a sans cesse tendance à vagabonder dans ces propres pensées, il a une tendance à être mélancolique du passé et s'angoisser du futur, mais entre temps le présent est bien là, mais il ne le vit pas, pourquoi ?
Pour cela il convient de comprendre un peu les structures de notre esprit, si nous nous posons dans le calme, dans le silence, nous observons rapidement qu'un flot de pensée surgit et nous tiraille en plusieurs directions. Ces pensées liées aux affaires quotidiennes, à nos peurs, nos désirs, nos espérances viennent se déverser comme si il y avait urgence à penser. Or, dans un moment de calme et de détente les pensées créent des tensions internes, du stress qui n'est pas appropriés à l'instant. C'est un peu comme si vous utilisiez un marteau pour réaliser un travail de précision et de finesse. Non que l'outil n'est pas une utilité pour le gros œuvre, mais dans le travail de finition d'autres outils conviennent mieux. C'est un peu la même chose avec l'esprit, la pensée, l'intellect est utile pour les moments qui requièrent son domaine de compétence. Mais tous les aspects de la vie ne sont pas aptes à être pensé, en effet dans le domaine de l'intuition, du ressenti, du sentiment et des émotions, la pensées est un frein à l'expérience relationnelle directe. Combien de fois n'avons-nous pas vécu pleinement la relation à l'autre car nous étions prisonnier de notre intellect, merveilleux outil d'analyse, mais peu efficace en ce qui concerne la sensibilité vitale à la vie humaine. Les êtres enfermés dans leur intellect, ceux qui rationalisent toute leur vie se coupent de leurs émotions et peu à peu ternissent toute spontanéité et créativité, c'est très dommage.
La vie humaine est variété, jaillissement spontané et sensibilité, si l'on observe attentivement au final l'essentiel de notre vie réside au-delà de la pensée. Les moments d'amour intense, de partage d'amitié, d'admiration de la beauté de la nature ou d'une œuvre d'art. Ces moments qui nous remplissent de joie n'ont pas besoin de l'intellect pour essayer de comprendre et d'analyser, ils se vivent et se passent de commentaires. Dès que nous voulons comprendre, analyser ces instants de présent pur nous perdons toute leur saveur, ils deviennent ternes, sans vie. A nous d'apprendre à vivre pleinement le présent et nous libérer du mental qui vient sans cesse pour se rassurer essayer d'avoir prise sur l'événement. Le lâcher prise c'est avoir le courage de ne plus comprendre avec sa tête, mais vivre et ressentir avec son cœur ce que la vie nous offre.
Pour cela la méditation est un outil de centrage dans le présent qui nous permet d'apprendre à observer nos pensées récurrentes et créer de la distance, du détachement vis-à-vis d'elles. L'observation est le début du chemin vers la liberté au présent, observer que nos pensées vont et viennent sans cesse, comme la pellicule d'un film qui s'emballe. La respiration ample et profonde nous aide aussi à relaxer les tensions physiologiques crées par la pensée et son imagerie intense. Puis, peu à peu cette observation peut s'étendre à toute notre vie, nous pouvons observer à chaque seconde, nos actes, nos paroles, nos pensées et percevoir si ceux-ci sont en harmonie avec ce que nous souhaitons vivre et partager.
Vivre au présent c'est vivre la seule chose qui existe vraiment, ce cadeau de vie qui nous est offert et là, disponible, présent à nous-même. Nous apprendrons ensemble à faire émerger la vue juste de notre être et la clarté de l'esprit en nous et autour de nous. Peu à peu un espace de liberté peut se créer en vous si vous ouvrez votre regard à ce qui est, ici et maintenant.
Ce qu'en dit la neurophysiologie :
Les études ont démontré que la pratique de l'attention méditative (qu'elle soit formelle, c'est à dire dans une posture pré-définie ou par l'observation de l'instant) amène une déconnexion des lobes pariétaux découlant sur l'impression d'intemporalité. Les lobes pariétaux sont chargés des mécanismes d'orientation de l'attention grâce auxquels nous pouvons explorer l'espace qui nous entoure. Mais cette fonction cérébrale est hyperactive chez l'humain, ce qui entraîne toute la surconsommation de pensées et d'imageries parasites qui submergent l'esprit. L'apprentissage de l'instant présent amène à mieux comprendre les mécanismes mentaux et surtout la conscience de soi. L'instant présent procure une impression de vide et de grand calme, provoquant un élargissement du champs de conscience de l'individu, l'ouvrant ainsi à l'épanouissement de zones cérébrales en sommeilles.